Humeur

Mon histoire avec les TCA

Aujourd’hui c’est un article très personnel car j’avais envie de vous confier mon histoire avec les TCA.

Si vous me suivez depuis longtemps, vous savez que j’ai eu des Troubles du Comportement Alimentaires de l’adolescence jusqu’à ma vie de jeune femme. J’avais écrit deux articles à ce sujet que j’ai finalement enlevé. Mais aujourd’hui, j’ai compris que se montrer vulnérable n’est pas une faiblesse. Au contraire, c’est une preuve de courage. Alors, je me défais de mon armure pour vous montrer mes failles. Prenez en soin.

Comment j’ai commencé à avoir des TCA

J’ai toujours été gourmande. Je n’étais pas de ces petites filles filiformes. Mais je n’étais pas en surpoids non plus. J’étais juste normale. Et pourtant, à certains moments de ma vie d’enfant, des personnes de ma famille me faisaient des remarques sur le fait que j’aimais manger ou que je me resservais à table. Cela ne m’atteignait pas, pas encore.

A 17 ans, je me suis séparée de mon premier amour. Après quelques mois douloureux, j’avais envie de plaire de nouveau. Seulement je ne semblais pas attirer le regard des garçons de mon lycée. A ce moment là, je faisais un 38/40 et j’enviais un peu mes copines plus minces. Le soir, je fixais mes cuisses dans la glace de ma chambre comme si j’espérais d’un coup les voir s’affiner.

Je crois que l’élément déclencheur a été une remarque de mon père. Je m’en souviens comme si c’était hier. Nous étions un dimanche d’automne. J’étais dans la cuisine et je préparais le déjeuner, des steaks hachés et du riz avec une sauce à la tomate. J’étais donc de dos et j’entends mon père me dire sur le ton de la plaisanterie “t’as un gros cul ma fille”.

Dans la minute qui a suivi, je me suis fait des légumes sans huile ni beurre et je n’ai mangé que ça avec mon steak haché le midi. Les jours suivants, j’ai commencé à me restreindre, à noter scrupuleusement tout ce que je mangeais dans un carnet… Je surlignais les aliments “pas bien”. Le soir je me contentais d’une soupe ou d’une assiette de légumes cuits à l’eau. Il fallait que je sente la sensation de faim au moment de me coucher. Je caressais les os saillants de mes hanches en m’endormant. Cela a duré des mois. Au printemps, j’avais perdu plus de 10 kilos. J’étais heureuse. Je me sentais jolie ainsi. Mon père n’arrêtait pas de me dire “tu as minci ma fille” avec un air admiratif. J’étais loin de me douter que j’avais développé des TCA.

Lorsque je suis sortie de l’anorexie

Mes règles ont commencé à se tarir, j’ai eu peur. Nous étions au moment des révisions du bac. Je faisais des crises de boulimie à cause du stress suivies de moments où je ne mangeais quasiment rien. J’ai eu mon bac. Je me suis sentie soulagée et sauvée en quelque sorte car j’avais recommencé à manger et à prendre du poids. J’ai laché prise. Les vacances d’été puis la vie étudiante m’ont fait reprendre tous mes kilos et même plus. La plupart du temps je m’en moquais, je croquais la vie à pleine dents et je plaisais aux mecs. Les TCA étaient de l’histoire ancienne.

Après l’anorexie, j’ai commencé à me faire vomir

Malheureusement, j’ai vite été rattrapée par les diktats de la beauté occidentale et l’injonction à la minceur. J’ai fait une multitude de régimes (sachets hyperprotéinés, régime dissocié, chrono nutrition, Dukan…) qui n’ont pas fonctionné. Je faisais le yoyo. Jusqu’au jour où une petite voix s’est éveillée en moi « pourquoi tu ne te ferais pas vomir? Après tout c’est facile. Tu manges ce que tu veux et tu élimines direct après ».

Le pire dans tout ça, est que je sais que BEAUCOUP de filles y ont déjà pensé ou l’on déjà fait une fois. Mais croyez moi mesdemoiselles, c’est un engrenage. Le « juste une fois » devient « à chaque fois ». Vous mangez un truc « qu’il ne faut pas » et là il se passe comme un court circuit entre vos neurones. Votre cerveau passe en pilote automatique. Vos doigts vous démangent, votre bouche secrète déjà de la salive, vos pieds vous guident vers les toilettes… Je crois que le pire dans tout ça est comment nous arrivons à imaginer des stratagèmes ultra élaborés pour cacher nos TCA à nos proches.

Refaire surface pour chuter de nouveau dans les TCA

J’ai eu deux périodes sombres comme cela. La première fois, je m’en suis sortie en en parlant à mon compagnon de l’époque et deux amies très proches mais pas à ma mère, j’avais trop honte. Le démon s’est tu pendant plusieurs années. J’ai pris goût au sport, à manger autrement… j’ai partagé avec vous mon quotidien. Et puis, j’ai ouvert mon blog qui ne parlait au début que de sport et de nutrition.

J’avais rencontré Pierre. Après une relation toxique avec un pervers narcissique, j’étais enfin heureuse et épanouie. Mes hanches se sont aussi pas mal épanouies. J’ai commencé à me mettre la pression en me disant que je n’avais aucune crédibilité en tant que « fit girl » et le démon s’est réveillé… C’est ainsi que j’ai revécu une période sombre jusqu’à un nouvel appel au secours, le bon cette fois. J’ai parlé de mes TCA à Pierre, à mes amies mais surtout à ma mère.

En parler m’a sauvé

J’ai suivi une thérapie. Je vais beaucoup mieux mais j’ai gardé des séquelles. J’ai des périodes où je me sens bien et je me fais confiance. Je prends plaisir à manger. Cela reste toujours très sain mais je suis davantage dans l’écoute de mes sensations et je ne cogite pas parce que j’ai mis une cuillère d’huile d’olive de plus dans la vinaigrette. Par contre, si je prends du poids, je bascule de nouveau dans le contrôle. Je me pèse tous les jours et le chiffre sur la balance détermine mon humeur de la journée. Je ne me crois pas capable d’être un jour dans le body positive mais je me bats pour juste un jour m’accepter telle que je suis. Dans les périodes de doutes, je sais que je peux compter sur mes proches.

Cet article est pour vous dire que VOUS N’ÊTES PAS SEUL.E. Il y a des gens autour de vous qui vous aiment et feront tout pour vous aider. N’ayez plus peur ni honte. Montrez vous vulnérables. Vous ne vous doutez pas à quel point vos proches peuvent être aimants et bienveillants. Imaginez que votre ami.e, votre cousin.e, votre enfant vienne vous parler de ça. Vous lui tourneriez le dos? Bien sûr que non! Alors n’hésitez plus, ne gâchez pas votre vie avec les TCA, parlez en.

Prenez soin de vous.

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    Balance ta balance - L'ananas blonde
    25 mars 2020 at 11 11 34 03343

    […] j’ai souffert de Troubles du Comportement Alimentaire (TCA) pendant des années. Cela a laissé des séquelles sur l’image que j’ai de mon corps et une […]

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