Humeur

Balance ta balance

Bonjour vous,

J’espère que vous allez bien.

Au début du mois, j’annonçais fièrement sur Instagram que je m’étais lancé un nouveau challenge. Après le Dry January et Février sans supermarché, j’avais décidé de ne plus me peser pendant un mois entier. J’ai même donné un nom à ce défi : Balance ta balance et un hashtag éponyme.

Je savais que passer un mois entier sans monter sur une balance et donc sans connaître mon poids allait être difficile pour moi mais j’étais loin de me douter à quel point.

Pourquoi j’ai voulu me lancer ce défi?

Nous sommes le dimanche 1er mars. Depuis cet hiver, j’ai pris deux kilos que je n’arrive pas à perdre. Comme chaque matin, je monte sur la balance et comme souvent, je commence la journée de mauvaise humeur à cause des chiffres qu’elle m’indique.

Afin de me remonter le moral et de me changer les idées, j’ai taché de prendre soin de moi toute la journée. J’ai médité, j’ai lu, j’ai cuisiné… Le soir j’étais bien plus calme mais j’y pensais encore. Plus j’y réfléchissais, plus je me motivais à me débarrasser de cette détestable habitude. C’est ainsi que j’ai eu l’idée de me challenger sur tout un mois.

Pour ne pas être tentée de monter machinalement sur la balance chaque matin, j’ai enlevé les piles et je l’ai rangée dans une autre pièce (les piles à part).

C’était une grosse épreuve pour moi et j’avais l’estomac serré rien qu’en écrivant mon premier post sur Instagram le 4 mars pour l’annoncer.

Mais des réactions en masse sous forme de commentaires, de story ou de messages privés m’ont rassurée et m’ont motivée à tenir ce challenge. Je n’en revenais pas de cet engouement et de ce soutien pour #balancetabalance.

Comment j’ai vécu ce mois de Mars

Les bons moments

D’un côté, je me suis sentie libérée d’un poids dans tous les sens du terme. Le matin, je me sentais plus en paix car je ne passais pas par la case « balance ». Les nombreux témoignages et encouragements que je recevais quotidiennement m’ont beaucoup touchée et motivée. Je me faisais plaisir sans craindre de monter sur la balance le lendemain. Je me sentais plus à l’écoute de mon corps et surtout j’essayais de me réguler en fonction de mes ressentis et non des chiffres.

J’ai même posté le lundi 9 mars ceci sur Instagram :

Jour 9 du défi #balancetabalance et pour une fois je commence la semaine avec le sourire, sans me prendre la tête avec la promesse de manger moins, de faire plus de sport, de refuser les invitations surprises. Bon ce n’est pas pour autant que j’arrive à lâcher prise et à prendre confiance en moi. Putain que ce challenge est difficile! Bien plus que je ne le pensais. Je résiste au besoin de me peser chaque jour. Cela je vous le dois à vous et à vos messages d’encouragement, de soutien, vos témoignages, votre vulnérabilité, votre force.

Et les moins bons

Mais j’avais aussi des moments de doute et ils étaient nombreux. J’avais des montées d’angoisse par moment. Je me disais que le premier avril j’allais avoir une mauvaise surprise et que ce ne serait pas une farce. J’avais « besoin » de connaître mon poids. Je fuyais mon regard dans le miroir, craignant que la vision de mon corps ne me stresse davantage.

D’un autre coté, je me sentais « obligée » de ne pas décevoir celles et ceux qui me suivaient dans ce challenge.

Le vendredi 13 mars, je me suis réveillée et j’ai décidé de me peser. Je n’étais pas « en crise ». J’étais sereine et surtout à l’écoute de moi. Et ce moi à l’intérieur avait besoin que cela s’arrête.

J’ai donc cherché patiemment les piles (j’avais oublié où je les avais rangées), je les ai remises en place et je suis montée sur la balance. Sans surprise, mon poids n’avait pas bougé. Il était même un peu plus bas que le dimanche matin où tout a commencé. J’étais revenue à mon poids « normal » (mais toujours avec ces foutus deux kilos qui se tapent l’incruste depuis cet automne).

Pourquoi « Balance ta balance » n’a pas marché

Je vous parle de ces deux kilos mais je sais bien que c’est parfaitement ridicule et que je n’ai pas à me plaindre. Je mesure 1m70, pèse en moyenne 60 kg (à +/- 2 kg selon les périodes) et fais un 36/38 en taille de vêtement.

Mais j’ai souffert de Troubles du Comportement Alimentaire (TCA) pendant des années. Cela a laissé des séquelles sur l’image que j’ai de mon corps et une obsession pour la balance. Je m’aime à 58/59 kilos, je me tolère à 60 et je me déteste au delà. En ce moment je suis justement à 60 kilos.

Les jours où ma balance affiche en dessous, je me sens belle, mince, « au top ». Les fois où les chiffres ne me conviennent pas, je me sens grosse et je n’ose pas mettre certains vêtements. C’est tellement ridicule dit comme cela. En écrivant ces mots, je me rends compte de l’absurdité de la chose.

Quand je me regarde dans un miroir je ne me regarde pas dans les yeux. Je fixe ce que je n’aime pas chez moi (la zone du bassin : hanches et cuisses). Si je me trouve mince alors ça va je suis rassurée. Lorsque ce n’est pas le cas je peux les fixer pendant plusieurs minutes, comme si tout allait s’amincir d’un coup. Si je ne me sens toujours pas bien je me regarde dès que je peux dans tous les miroirs de la maison jusqu’à voir une image « rassurante ».

Je pense que vous comprenez pourquoi ce défi était un peu trop grand pour moi.

Photographe : Sarah Varlet www.svphotographie.com

Comment j’ai envisagé un nouveau « Balance ta balance »

La durée d’un mois était beaucoup trop longue pour moi. Ainsi, je me suis dit que de passer à une fois par semaine ce serait bien pour le moment.

L’idée est ensuite de passer à une pesée toutes les deux semaines. Puis, si je me sens à l’aise, pourquoi pas espacer davantage.

Cette fois ci, je ne me fixe pas de durée car je souhaite que cela soit au long terme et ainsi devienne une habitude.

J’ai encore beaucoup de chemin à parcourir dans le lâcher prise et l’acceptation, surtout si je veux devenir mère un jour.

Pour finir, je souhaiterais vous adresser un immense merci. Je suis très chanceuse d’avoir été soutenue comme cela pendant tout ce défi.

Prenez bien soin de vous.

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