Bien être

Jeûne hydrique

La semaine dernière, j’étais en vacances. C’étaient des vacances, certes confinées (je vous parle de mon travail ici) mais des vacances quand même. J’ai voulu profiter de ce temps à la maison pour me reposer et pratiquer un jeûne hydrique.

Pourquoi ai je voulu faire un jeûne ?

Cela faisait un moment que l’idée me trottait dans la tête. Depuis que je m’intéresse aux médecines naturelles, je suis convaincue que le jeûne (lorsqu’il est bien fait) est très bon pour la santé. Le jeûne est une pratique ancestrale qui consiste à ne rien manger pendant une période donnée. Lorsque notre corps n’est pas occupé à digérer, il va s’occuper des autres organes et ainsi se régénérer.

En période de stress (comme en ce moment), mon corps réagit par des poussées de psoriasis, un sommeil perturbé et des envies de sucré. J’avais vraiment besoin de faire un “reset” et de repartir de zéro. Le jeûne me semblait tout adapté pour cela. Plus précisément, j’avais le sentiment que mon corps me le réclamait.

Cependant, je n’arrivais pas à me faire à l’idée de ne rien manger du tout. C’est alors que j’ai découvert le principe du jeûne modifié grâce à Pauline, du blog Vivre Healthy.

Au début, j’ai suivi son protocole à la lettre. Puis, en avançant dans la descente alimentaire, je me suis dit que j’allais faire mes 24 heures en jeûne hydrique. C’est à dire sans manger et en ne buvant que de l’eau.

Comment j’ai organisé mon jeûne

Pour mon premier jeûne, je me suis dit que 24 heures ce serait déjà un bon début. Cependant, pour qu’il soit bien fait, il doit être accompagné d’une phase de descente alimentaire progressive puis d’une période de reprise.

En tout, on ne part donc plus sur seulement 24 heures mais quasiment 15 jours de protocole.

Je me suis donc organisée ainsi :

  • Une semaine avant : plus de thé, café et alcool ;
  • Quatre jours avant : arrêt des produits animaux (je mange encore un peu des oeufs et du fromage) ;
  • Deux jours avant : Suppression des féculents, céréales, farineux et légumineuses. Seuls les fruits, les légumes, les oléagineux et les graines sont autorisés.
  • La veille : Consommation uniquement de soupes de légumes et de fruits frais.
  • Le jour du jeûne : de l’eau uniquement jusqu’au soir où la reprise alimentaire se fera avec une soupe de légumes et des fruits frais.
  • Le lendemain : Des soupes de légumes et des fruits frais.
  • Le surlendemain : Légumes crus ou cuits, fruits frais et introduction des oléagineux et des graines.
  • Trois jours après le jeûne : Reprise des céréales, féculents et légumineuses.
  • Six jours après le jeûne : On peut remanger de tout.

Comment cela s’est vraiment déroulé

L’arrêt des excitants

Pendant les premiers jours de descente alimentaire, je travaillais encore. Cela fut un peu difficile de me passer de café. Même si j’alterne souvent avec des succédanés pour diminuer ma consommation. Il n’y a rien de tel qu’un bon café. Pour le reste, cela ne m’a pas manqué.

Manger végétalien

Vu que j’ai une alimentation quasiment vegan à la maison, l’arrêt des produits animaux n’a pas été un problème. Si vous cherchez des idées pour végétaliser votre assiette, j’avais d’ailleurs écrit un article à ce sujet.

L’interruption des féculents, céréales et légumineuses

La descente alimentaire est devenue difficile à partir de cette étape. A ce stade, j’étais en vacances et heureusement.

Le matin, je m’étais préparé un chia pudding au lait de cajou. Celui ci m’a bien rassasié jusqu’au déjeuner. Par contre tenir tout l’après midi avec juste une salade de crudités dans le ventre c’était compliqué. J’ai eu faim jusqu’au soir. Même en mangeant un beau bol de fruits frais et d’amandes au goûter. Le soir, je me suis fait une grande assiette de légumes cuits au Vitaliseur arrosés d’un filet d’huile d’olive et j’ai rongé mon frein devant Kho Lanta. Au final, j’ai craqué sur deux bananes trempées dans de la purée de noisettes à 22 heures. Mais j’étais dans mon bon droit et j’ai pu ainsi allé me coucher repue.

Manger juste des fruits et des légumes

Nous sommes à J-1 et je ressens une forme d’excitation. J’ai super bien dormi et je me réveille très en forme. Je ressens le besoin de ne consommer que des fruits et légumes sous leur forme liquide aujourd’hui. Je me suis donc fait un jus vert le matin, une soupe le midi, un jus vert l’après-midi et une soupe le soir. Aucune sensation de faim et de l’énergie à revendre, j’étais ravie !

La purge

Par contre, j’ai beaucoup moins bien vécu la purge. La purge consiste à se vider le colon avant le jeûne. Cela diminuerait les sensations de faim de commencer un jeûne l’estomac et le colon vident. Le protocole consiste à diluer un sachet de 30 grammes de sulfate de magnésium dans un litre d’eau et de le boire. Le sulfate de magnésium s’achète sans ordonnance dans n’importe quelle pharmacie et coûte moins de deux euros. En fin de journée, j’ai donc bu mon litron d’eau + sulfate de magnésium.

Premierement, ce truc est juste immonde à boire. Mais le pire c’est ce qui se passe après. La purge porte bien son nom. J’ai passé une heure sur les toilettes à me vider. Je pissais des fesses ! Je suis désolée mais je n’ai pas trouvé d’autre expression. Si un jour cela vous arrive, je vous donne un conseil : ne pétez pas… vraiment.

Le jour du jeûne

Je ne sais pas si c’est une légère excitation teintée d’anxiété ou si c’est la peur de repeindre mes draps mais la nuit qui a précédé le jeûne fut un peu agitée.

J’aurais bien aimé dormir comme un bébé jusqu’à 11 heures du matin. Mais évidemment, j’avais les yeux grands ouverts dès 7 heures. Mon dernier repas était hier à 20 heures. Allez, il ne reste plus que 13 heures.

Je me lève donc et je me sens bien. Je décide de suivre un cours de danse en ligne. Mais impossible de mémoriser les pas. C’est comme si j’avais aussi perdu mes neurones pendant la purge. J’arrête et je fais une séance de 45 minutes de sophrologie. Cela me fait le plus grand bien. Il fait beau, je décide de prendre le soleil sur ma terrasse en écoutant des podcast. Puis je rentre me mettre au frais. Il est 13 heures, plus que 7 heures. Ma tête commence à bourdonner. Je me sens très faible. Je me vautre sur mon canapé et commence à binge watcher une série sur Netflix.

Il est 15h30, mon chien veut sortir. Je l’emmène promener tant bien que mal (je suis l’ombre de moi même). En marchant, je rêve de fruits frais. Il est 16 heures et je suis de retour à la maison. La faim se réveille en puissance. Que faire ? M’écouter et manger ou tenir jusqu’à 20 heures coute que coute ? Je choisis de m’écouter et d’honorer ma faim. Vingt heures de jeûne hydrique c’est déjà très bien pour une première fois.

Je croque dans une pomme. Mes sens sont comme décuplés. Je prends le temps de bien mastiquer. J’en mange une deuxième puis une banane. Cela me redonne un peu des forces et me permet de suivre un cours de Yoga en fin de journée. Je suis loin d’avoir toute mon énergie. Mais je fais de mon mieux et j’accueille le moment. La faim se manifeste à nouveau vers 19h30. Je mange ma soupe avec plaisir.

Le lendemain et les jours suivants

Après une nuit de 10 heures, je me sens hyper bien. Je passe la journée sans problème en ne mangeant que des fruits et des soupes.

Les jours suivants, j’intégre au fur et à mesure les autres aliments. Je me sens bien mieux que pendant la descente alimentaire.

Les bénéfices que j’ai constaté

Deux jours après mon jeûne, je constate que mon psoriasis a nettement diminué. J’ai toujours des envies de sucre mais plus de pulsions comme avant. Mon transit revient à la normale au bout de trois jours. Je me suis pesée et j’ai perdu deux kilos. Je pense qu’ils reviendront par la suite mais je suis ok avec ça. J’arrive à être plus à l’écoute de mes sensations de faim et de satiété. Mes nuits se déroulent beaucoup mieux.

Presque deux semaines après mon jeûne, je dors toujours aussi bien. Mon psoriasis s’est bien calmé. J’ai repris les deux kilos que j’avais perdu. Je suis davantage à l’écoute de mes besoins.

Est ce que je le referais ?

Honnêtement je ne pense pas refaire de jeûne hydrique. Je pense que le jeûne, qu’il soit total ou intermittent, n’est pas fait pour tout le monde. Certes, j’y ai vu des effets très positifs. Mais je constate exactement les mêmes bénéfices après une détox. De plus, j’ai trouvé l’étape de la purge bien trop violente.

On m’avait prévenu du risque d’un éventuel retour de mes troubles alimentaires suite à ce jeûne. J’avais bien pesé le pour et le contre avant de me lancer là dedans. Mes TCA sont loin derrière moi et je me sentais assez forte.

Heureusement que je l’étais. Car lors de la reprise alimentaire, une petite voix dans ma tête s’est réveillée. “Si tu re manges, tu risques de grossir” m’a t’elle susurré. J’ai immédiatement rationalisé et chassé cette pensée de mon esprit.

Si vous souffrez de TCA ou que vous en avez souffert par le passé, ne faîtes pas de jeûne.

Prenez soin de vous.

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2 Comments

  • Reply
    Fanny
    7 mai 2020 at 19 07 33 05335

    Très chouette article et un retour d’expérience qui montre bien comment chacun réagit différemment, En tout cas, c’est “courageux” de reconnaitre qu’au final ce n’est pas pour tout le monde et pour toi. C’est important je trouve de le rappeler à l’heure des modes et tendances alimentaires véhiculées par les RS.
    Pour moi, pas de jeûne en raison de TCA trop proches encore et je n’ai aucune envie de prendre des risques alors que mon rapport à l’alimentation s’apaise de plus en plus.

    Au plaisir de te lire.

    • Reply
      lananasblonde
      11 mai 2020 at 17 05 16 05165

      Merci pour ton message Fanny.
      Malheureusement on a tendance à croire que le jeûne est LA super méthode miracle pour tous mais c’est faux. Il s’agit certes d’un très bon protocole mais ce n’est pas pour tout le monde. Prends soin de toi

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