Humeur

Notre parcours en PMA – Première partie

Très jeune, je m’imaginais être maman bien avant trente ans. Je pensais qu’il était facile et naturel de tomber enceinte et je m’imaginais des scénarios rocambolesques pour l’annonce de la bonne nouvelle au futur papa et aux proches. Malheureusement, il se trouve que pour nous, les choses n’ont pas été si simples. Aujourd’hui, j’ai l’immense chance de voir la vie grandir en moi. Ce petit miracle, je le dois à la PMA (Procréation Médicalement Assistée).

Je veux un enfant de toi

C’est moi qui ai parlé “bébé” en premier. Sur le coup, il a été très surpris car je ne l’avais jamais évoqué jusque là. J’ai compris qu’il avait besoin de temps et je lui en ai laissé. Plusieurs mois après, il m’a dit être prêt et que ce serait bien que j’arrête de prendre la pilule.

Cette fois ci, c’est moi qui n’étais plus prête. Nous étions en pleines recherches pour notre futur chez nous et j’avais l’impression que ce n’était pas le bon moment. J’ai réfléchi quelques jours puis je me suis dit “allez, lançons nous, ça viendra quand ça viendra”.

Pilule, chère pilule

J’ai donc terminé ma plaquette de pilule. J’ai eu mes règles et puis… plus rien! Au début, je ne me suis pas inquiétée. J’avais pris la pilule pendant 16 ans sans quasiment d’interruption. Je me doutais que mon corps “ne savait plus comment faire”.

Les mois s’écoulaient et mon cycle semblait toujours en pause. J’en ai parlé à ma gynécologue qui m’a d’abord prescrit de la progestérone. Je n’avais aucune envie de reprendre des hormones alors que j’en sortais tout juste. J’ai donc laissé le traitement de côté et j’ai essayé des méthodes naturelles. Je suis allée voir deux naturopathes, j’ai fais des détox, pris des compléments à base de plantes, consulté un ostéopathe… rien n’y a fait.

Six mois après l’arrêt de la pilule, je n’avais toujours pas mes règles et cela virait à l’obsession. Je ne comprenais pas ce qui se passait dans mon corps. J’en voulais à la pilule de “m’avoir déglingué”. Je voyais des femmes tomber enceintes autour de moi et je ne comprenais pas pourquoi cela ne m’arrivait pas.

C’est à ce moment là que Pierre m’a chuchoté que c’était tout à mon honneur d’avoir essayé des méthodes naturelles mais que maintenant, si j’étais ok, il fallait peut être suivre les recommandations de ma gynécologue.

J’ai donc pris le traitement à base de progestérone. Cela n’a pas fonctionné.

Une batterie d’examens

Je suis donc retournée voir ma gynécologue qui m’a alors prescrit une série d’examens à faire : bilan hormonal, échographie ainsi que la fameuse hysterosalpingographie (qui fait partie des douleurs physiques les plus intenses que j’ai vécu).

J’ai passé tous ces examens la boule au ventre. A chaque test, nous apprenions une information supplémentaire. Mais malgré cela, nous avancions à l’aveugle. Personne n’arrivait à nous expliquer ce qu’il se passait. Ma gynécologue me parlait vaguement de me faire poser une pompe à LH, j’étais terrifiée.

Ce fut une période compliquée pour notre couple. J’étais à bout de nerfs et difficile à vivre. Mon compagnon avait beau me soutenir, je ne le sentais pas impliqué. J’avais le sentiment que, pour lui, le souci venait de moi et donc que c’était mon problème.

Lors d’un énième rendez vous avec ma gynécologue, celle ci m’a dit “bon, avant de vous mettre sous traitement, on va quand même testé Monsieur”. Ce fut donc au tour de Pierre de s’y coller. C’est ainsi que nous avons appris que les choses s’annonçaient mal de son côté aussi.

J’ai mis très longtemps à m’avouer que le jour où la gynécologue nous l’a annoncé, j’ai ressenti de la souffrance mais aussi une forme de soulagement. Le souci ne venait pas que de mon côté. Ce magma d’émotions était également teinté de la culpabilité d’éprouver cela. Avec le recul, j’ai accepté cette part d’ombre car je suis tout simplement humaine.

Lorsque l’on nous a parlé de la PMA

Après encore d’autres examens, le verdict est tombé sans appel : nous ne pouvions pas concevoir un enfant naturellement et notre dossier allait donc partir au centre de PMA.

Étonnamment, j’ai vécu cette annonce assez bien : nous avions enfin une solution. Certes, ce n’était pas du tout ce à quoi nous nous attendions mais c’était tout de même une lumière au bout du tunnel.

C’est ainsi que nous sommes entrés en parcours de PMA.

Prenez bien soin de vous.

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1 Comment

  • Reply
    Romain
    9 octobre 2020 at 11 11 39 103910

    Je suis content que cette histoire se soit bien terminée pour vous deux, ou plutôt pour vous trois. 🙂
    Avoir un enfant est un sujet spécial pour moi, je suis asexuel et donc je ne pourrai jamais “faire” un enfant. Je ne sais pas ce qui arrivera dans le futur donc pour l’instant je ne peux qu’attendre et voir à quoi va ressembler ma vie. ^^

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